La radio vient d’annoncer la pré-alerte. Vous avez rentré les chaises et rempli les bidons d’eau, mais une question reste en suspens : que faire de votre installation électrique ? Faut-il tout couper, débrancher le réfrigérateur, laisser une lampe allumée ? Et quand la préfecture lèvera l’alerte, comment remettre le courant sans griller vos appareils ?
Protéger son installation électrique face à un cyclone à Mayotte consiste à adapter ses gestes à chaque phase d’alerte officielle : préparer en pré-alerte, mettre en sécurité en alerte orange, ne plus rien manipuler en alerte rouge ou violette, puis inspecter et réenclencher circuit par circuit en phase de sauvegarde. Ce guide détaille cette séquence, avec les limites à ne pas franchir sans électricien.
Cette procédure fait partie de nos guides de dépannage électrique à Mayotte, qui couvrent les pannes, les coupures et la remise en service sous climat tropical.
Le tableau ci-dessous résume la procédure complète. Chaque ligne renvoie à une étape détaillée plus bas.
| Phase d’alerte | Geste électrique | Ce que vous ne faites pas |
| Pré-alerte | Repérer et étiqueter le tableau, rentrer les équipements extérieurs, recharger lampes et batteries | Réparer un câble abîmé dans l’urgence |
| Alerte orange | Débrancher l’électronique, garder une lampe témoin, couper le général si le logement est exposé, arrêter l’onduleur solaire | Monter sur le toit |
| Alerte rouge ou violette | Laisser l’installation en l’état, couper le général seulement en cas d’eau et si vous êtes au sec | Réarmer un disjoncteur, utiliser un groupe électrogène |
| Phase de sauvegarde | Repérer les fils au sol, inspecter le tableau et les pièces exposées, puis réenclencher circuit par circuit | Toucher un câble au sol, remettre sous tension un tableau mouillé |
Pourquoi un cyclone met votre installation électrique à l’épreuve à Mayotte
Le vent, l’eau et le réseau public attaquent votre installation en même temps. C’est cette combinaison qui fait la spécificité mahoraise. Comprendre ces trois mécanismes explique pourquoi chaque geste des étapes suivantes compte.
Vent, toitures en tôle et réseau aérien : la combinaison mahoraise
Sur une grande partie de l’île, le courant arrive encore par un réseau aérien, de poteau en poteau, au-dessus des rues et des toits. Par vent cyclonique, une branche ou une tôle arrachée suffit à sectionner une ligne.
Côté logement, la toiture en tôle ajoute une seconde fragilité. Une tôle qui se soulève laisse entrer la pluie au-dessus des boîtes de dérivation, des spots et parfois du tableau. Sur les maisons de Koungou ou de Majicavo agrandies par tranches, des câbles traversent souvent une charpente légère ou courent en façade.
Le résultat est double : le réseau vous prive de courant, et votre installation peut être mouillée sans que vous le voyiez. C’est ce cumul qui rend la remise en service délicate, pas la coupure elle-même.
Le moment le plus risqué n’est pas le passage, c’est le retour du courant
Pendant le passage, la plupart des logements sont déjà sans courant, ce qui protège les appareils. Le danger revient quand EDM réalimente le quartier, parfois plusieurs fois de suite, le temps de stabiliser le réseau.
Ces remises sous tension successives créent des variations de tension que les cartes électroniques supportent mal. Avant le cyclone Belal, EDF Réunion recommandait de débrancher ordinateurs et téléviseurs pour cette raison. À Mayotte, où l’électroménager coûte cher et se remplace avec des délais d’acheminement, la perte pèse lourd. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur les surtensions liées aux orages tropicaux.
Le retour du courant remet aussi sous tension des circuits qui ont pris l’eau. Un câble à l’isolant dégradé se manifeste alors par un déclenchement du différentiel, parfois par un échauffement. D’où la règle centrale de ce guide : vous inspectez avant de réenclencher.
Installations anciennes et défauts cachés : ce que le cyclone révèle
Une installation qui fonctionnait avant le cyclone peut cacher des faiblesses. Un défaut d’isolement, c’est-à-dire un courant qui s’échappe d’un conducteur vers la terre ou une masse métallique, reste discret par temps sec. L’humidité massive d’un épisode cyclonique le rend actif.
Les logements les plus exposés n’ont pas de différentiel 30 mA, pas de prise de terre, ou un tableau installé dans un garage ou sous un auvent. Dans les quartiers anciens de Mamoudzou ou de Labattoir, ces trois points se cumulent souvent.
Sans différentiel, un défaut d’isolement ne provoque aucune coupure : il reste dangereux, sans signal. Si votre installation présente ces fragilités, la préparation devient prioritaire et l’inspection d’après-cyclone doit être encore plus rigoureuse.
Ces trois mécanismes dictent la procédure qui suit. Elle s’appuie sur les phases d’alerte de la préfecture, parce que c’est à elles que vous réagirez le moment venu.
Sécurité avant tout : Tout au long de cette procédure :
- Ne manipulez jamais le tableau, une prise ou un appareil les mains mouillées, pieds nus ou debout dans l’eau.
- Si de l’eau a atteint le tableau ou si vous devez marcher dans l’eau pour l’atteindre, n’y allez pas : quittez la pièce et appelez les secours (18) en cas de danger.
- Ne touchez jamais un fil tombé au sol, ni une branche ou une tôle en contact avec une ligne : signalez-le à EDM au 02 69 62 50 05.
- Gardez une lampe torche sur piles ou rechargeable à portée de main, jamais de bougie près des rideaux ou de la literie.
- Au moindre doute sur l’état de votre installation, laissez-la coupée et faites intervenir un électricien qualifié.
Étape 1 : en pré-alerte, préparer l’installation et votre autonomie
La pré-alerte signale qu’une menace cyclonique est possible dans les jours qui viennent. Vous avez encore le temps, la lumière du jour et l’accès aux commerces. Les gestes de cette étape sont simples, et ce sont eux qui rendront les suivants faciles dans le noir.
Faire le tour des équipements extérieurs avant le vent
Par vent cyclonique, tout équipement électrique extérieur devient un projectile ou un point d’entrée d’eau. Le tour de l’extérieur se fait donc en premier, tant qu’il fait beau.
Voici ce qu’il faut vérifier et sécuriser :
- Les rallonges et enrouleurs, à rentrer au sec ;
- Les luminaires de façade, à vérifier pour leur fixation et leur capot ;
- Les prises extérieures, dont le clapet doit fermer ;
- Les câbles en façade, dont les colliers ne doivent pas pendre ;
- Le coffret de la pompe de citerne ou de puits, à fermer.
Ce tour reste visuel. Un câble dénudé ou une boîte ouverte ne se répare pas sous la pression du calendrier : coupez le circuit au tableau et notez-le pour l’électricien. Sur les terrains en pente de Tsingoni ou de Combani, surveillez aussi les câbles enterrés qui ressortent après de fortes pluies.
Savoir couper votre tableau dans le noir
En pleine nuit d’alerte rouge, sans courant, personne n’a envie de chercher quel disjoncteur commande quoi. C’est maintenant qu’il faut le repérer.
Identifiez trois éléments. Le disjoncteur général, ou AGCP (appareil général de commande et de protection), placé près du compteur, coupe tout le logement. Les interrupteurs différentiels protègent chacun une rangée contre les fuites de courant. Les disjoncteurs divisionnaires commandent chacun un circuit : prises, réfrigérateur, chauffe-eau, climatisation.
Étiquetez-les au feutre indélébile ou avec une étiquette plastifiée, car l’humidité décolle le papier. Testez aussi l’accès au tableau avec une lampe frontale : à Passamaïnty ou à Kawéni, beaucoup de tableaux sont placés haut ou derrière une porte.
Constituer une autonomie électrique sans danger
Météo-France demande, en pré-alerte, de prévoir des piles pour la radio et les lampes, ainsi qu’un éclairage de secours indépendant du réseau. Côté électricité, cela se traduit par quelques réflexes.
Rechargez téléphones, batteries externes, lampes et radio. Préférez lampes torches et frontales aux bougies, qui provoquent chaque saison des départs de feu. Si vous avez une batterie domestique ou un système solaire avec stockage, vérifiez sa charge et la procédure de mode secours.
Pour le groupe électrogène, achetez du carburant, vérifiez qu’il démarre et prévoyez un emplacement extérieur abrité mais ventilé. Notre guide pour choisir un groupe électrogène adapté compare les modèles disponibles sur l’île. À Mayotte, groupes et carburant s’épuisent dès l’annonce d’une alerte : la pré-alerte est le dernier moment pour s’équiper.
Une fois ces préparatifs faits, l’alerte orange vous trouvera prêt à sécuriser l’installation en quelques minutes.
Étape 2 : en alerte orange, mettre l’installation en sécurité
L’alerte orange signale que le danger se rapproche et que le confinement peut être décidé à brève échéance. Vous mettez l’installation en configuration « cyclone » : débrancher, décider de ce qui reste alimenté, arrêter les équipements sensibles. Tout se fait avant que le vent ne rende les déplacements dangereux.
Débrancher les appareils sensibles et garder une lampe témoin
Un appareil débranché ne craint ni la surtension du retour du courant ni la foudre qui accompagne souvent les bandes nuageuses. C’est la protection la plus simple à votre disposition.
Débranchez à la prise tout ce qui contient de l’électronique : téléviseur, ordinateur, box, console, machine à laver. Éteindre l’appareil ne suffit pas. Pour la climatisation, coupez son disjoncteur dédié : un compresseur qui redémarre sur une tension instable grille souvent sa carte.
Gardez en revanche une lampe branchée et allumée sur un circuit d’éclairage, comme le conseillait EDF Réunion avant Belal. Elle vous signale le retour du courant. Dans une maison de Sada ou de Chirongui privée de réseau pendant des jours, elle évite de découvrir le retour du courant au matin, appareils déjà rebranchés.
Faut-il couper le disjoncteur général avant le cyclone ?
C’est la question la plus posée. Aucune obligation réglementaire n’existe, et les consignes de Météo-France et de la préfecture portent sur les fils tombés et l’usage des appareils, pas sur la coupure.
Coupez le disjoncteur général avant le passage si l’une de ces conditions est réunie :
- Vous quittez le logement pour un centre d’hébergement ou chez des proches ;
- Votre logement est inondable ou a déjà pris l’eau par forte pluie ;
- Votre tableau est dans un garage, un abri extérieur ou une pièce exposée ;
- Votre toiture en tôle est fragile au-dessus de pièces équipées.
Sinon, si vous restez chez vous, gardez le circuit du réfrigérateur et celui de la lampe témoin. Coupez au tableau le chauffe-eau, la climatisation, les prises extérieures et la pompe.
Panneaux solaires et onduleur : ce que vous pouvez faire, et ce que vous ne faites pas
Les installations photovoltaïques se sont multipliées à Mayotte. Elles posent une question particulière : un panneau produit de la tension dès qu’il reçoit de la lumière, même réseau coupé.
Au sol et avant le vent, arrêtez l’onduleur selon sa notice ou la procédure de votre installateur. Elle passe en général par la coupure du disjoncteur photovoltaïque au tableau, puis par l’ouverture du sectionneur côté continu, près de l’onduleur. Avec une batterie, suivez la procédure d’arrêt ou de mode secours prévue.
Vous ne montez pas sur le toit pour démonter ou bâcher les panneaux, et vous n’ouvrez pas de coffret côté continu, qui reste sous tension en plein jour. À Petite-Terre comme sur les hauteurs de Dembéni, les rafales arrivent souvent avant la pluie : la toiture est interdite dès l’alerte orange.

Les vérifications d’après-saison sont dans notre guide sur l’entretien des panneaux solaires à Mayotte.
Une fois l’installation dans cette configuration, l’objectif s’inverse. Pendant le passage, il ne s’agit plus d’agir, mais de ne rien toucher.
Étape 3 : en alerte rouge ou violette, ne plus toucher à l’installation
L’alerte rouge impose le confinement. L’alerte violette, déclenchée à Mayotte au passage de Chido en décembre 2024, signale un danger exceptionnel. Pour l’électricité, la règle est la même : l’installation reste dans l’état de l’alerte orange, sauf urgence précise.
Pourquoi vous ne manipulez plus le tableau pendant le passage
Pendant le passage, l’humidité monte, l’eau peut ruisseler le long des murs et des gaines, et l’éclairage est limité. Toutes les conditions d’un accident électrique sont réunies.
Météo-France recommande déjà d’éviter les appareils électriques par fortes pluies et orages. En alerte rouge, cette prudence devient une règle : vous ne rebranchez rien et vous ne réarmez pas un disjoncteur qui a sauté. Un disjoncteur qui déclenche pendant le passage a détecté un défaut, probablement lié à l’eau.
Le réarmer remettrait sous tension le circuit fautif dans les pires conditions. Dans une maison de Bandrélé ou de Kani-Kéli qui restera peut-être des jours sans réseau, ce disjoncteur déclenché est une information précieuse pour l’inspection de l’étape 4 : notez lequel, sans le toucher.
Eau qui entre ou odeur de brûlé pendant le confinement : la conduite à tenir
C’est le seul cas où un geste électrique peut se justifier pendant le passage. Encore faut-il qu’il soit possible sans danger.
Si l’eau s’approche des prises ou du tableau, ou si vous sentez une odeur de plastique brûlé, procédez dans cet ordre :
- Vérifiez que vous êtes au sec, pieds chaussés, sans eau entre vous et le tableau.
- Si c’est le cas, coupez le disjoncteur général d’un geste, main sèche.
- Sinon, ne vous approchez pas : quittez la pièce et fermez la porte.
- En cas de fumée, de flammes ou de personne en contact avec l’eau et un appareil, appelez le 18.
Ne déplacez jamais une multiprise immergée. Les gestes propres aux pièces inondées sont décrits dans notre procédure dédiée aux inondations, utile notamment pour les maisons construites en contrebas de route à M’Tsamboro ou à Bouéni.
Groupe électrogène : jamais à l’intérieur, jamais sur une prise
Le groupe électrogène est l’un des équipements les plus dangereux après un cyclone, et son premier danger n’est pas électrique. C’est le monoxyde de carbone, un gaz inodore produit par le moteur, qui s’accumule dans une pièce, un garage ou une varangue fermée.
Le groupe se place dehors, loin des ouvertures, abrité mais jamais enfermé. En alerte rouge, vous ne sortez pas pour le démarrer : il ne sert qu’en phase de sauvegarde. Les appareils s’y raccordent directement, par des rallonges adaptées à l’extérieur.
Ne le « réinjectez » jamais par une prise avec un câble à deux fiches mâles. Ce montage met des broches nues sous tension et peut renvoyer du courant vers le réseau EDM, où des techniciens travaillent. Avant Belal, EDF Réunion rappelait qu’un groupe alimentant une maison impose le disjoncteur principal sur 0.
Quand la préfecture lève l’alerte rouge, la tentation est grande de tout remettre en marche. C’est précisément le moment où la méthode compte le plus.
Étape 4 : en phase de sauvegarde, inspecter avant de réenclencher
La préfecture déclenche la phase de sauvegarde à la levée de l’alerte rouge : la menace s’éloigne, mais routes encombrées, cours d’eau gonflés et fils à terre restent dangereux. C’est la phase de l’inspection, dehors puis dedans, avant toute remise sous tension.
Dehors : fils au sol, poteaux et coffret de branchement
L’extérieur s’inspecte en premier, parce que c’est là que se trouvent les dangers mortels. En janvier 2025, après Dikeledi, la préfecture a explicitement demandé d’éviter les fils tombés et de les signaler.
Faites le tour de votre parcelle à distance. Repérez les câbles au sol ou pendants, les poteaux penchés, les branches appuyées contre une ligne. Un câble au sol peut être sous tension même si le quartier est privé de courant, une réalimentation partielle pouvant intervenir à tout moment.
Observez le coffret de branchement et le compteur sans les ouvrir. Un coffret arraché, ouvert ou noyé relève d’EDM. Appelez le dépannage EDM au 02 69 62 50 05, gratuit et ouvert 24 h/24. À Koungou comme à Dembéni, les lignes sont saturées après un cyclone : décrivez le danger précisément pour être traité en priorité.
Dedans : l’inspection visuelle du tableau et des pièces exposées
L’inspection intérieure se fait de jour ou à la lampe torche, disjoncteur général coupé. Elle ne demande aucun outil, seulement de la méthode.
Commencez par le tableau. Cherchez de l’eau ou de la condensation sous le capot, des coulures sur le mur, une odeur de brûlé ou des marques noires. Notez les disjoncteurs en position basse : ils désignent les circuits à surveiller.
Passez ensuite dans les pièces exposées, sous une tôle soulevée ou une infiltration : prises basses, interrupteurs, plafonniers, spots. Un spot rempli d’eau signale une circulation d’eau dans les gaines. À Mamoudzou, sur les toits-terrasses, l’eau suit souvent les gaines jusqu’aux étages inférieurs. Pour les effets à plus long terme, voyez notre article sur les effets de l’humidité sur une installation électrique.
Les situations où vous ne remettez pas le courant vous-même
L’inspection débouche sur une décision simple. Soit l’installation paraît saine et vous passez à l’étape 5, soit un signe impose un électricien.
Ne remettez pas le courant vous-même si vous observez l’un de ces signes :
- De l’eau ou de l’humidité dans le tableau ;
- Une prise, une boîte ou un appareil fixe immergé ;
- Des traces de brûlure ou une odeur de brûlé ;
- Des câbles arrachés, écrasés ou dénudés ;
- Un tableau ou un équipement déplacé par la chute d’un élément de toiture.
Laissez alors le général coupé. L’électricien réalisera une mesure d’isolement, un contrôle à l’appareil qui vérifie qu’aucun courant ne s’échappe des conducteurs. Si la réalimentation de votre quartier de Chirongui ou du sud prend plusieurs jours, profitez de ce délai pour le faire venir.
Si votre inspection n’a révélé aucun de ces signes, vous pouvez remettre le courant. Cela obéit à un ordre précis.
Étape 5 : remettre le courant circuit par circuit
Remettre le courant après un cyclone ne consiste pas à relever un disjoncteur. La séquence permet d’isoler un défaut circuit par circuit, au lieu de tout remettre d’un coup. Elle reprend la méthode qu’EDM préconise elle-même en cas de panne intérieure.
La séquence de réenclenchement en toute sécurité
Cette séquence suppose une inspection sans signe d’alerte et un réseau revenu, ce que confirme votre lampe témoin ou l’éclairage des voisins.
Procédez dans cet ordre :
- Abaissez tous les disjoncteurs divisionnaires.
- Réenclenchez le disjoncteur général, puis les interrupteurs différentiels.
- Remontez les divisionnaires un par un, en commençant par l’éclairage.
- Attendez quelques secondes entre chaque circuit : bruit, odeur, déclenchement ?
- Terminez par les circuits exposés et les gros consommateurs.
Appuyez ensuite sur le bouton test « T » de chaque différentiel : il doit déclencher immédiatement. S’il ne déclenche pas, il est défaillant et doit être remplacé par un électricien. L’humidité mahoraise use ces appareils, et ce test révèle souvent un différentiel bloqué depuis des mois.
Un disjoncteur retombe aussitôt : ce que cela vous dit
Il arrive qu’un disjoncteur retombe dès que vous le remontez. Ce n’est pas une panne du tableau, c’est la protection qui signale un défaut.
Si c’est un divisionnaire, débranchez tout ce qui est raccordé à son circuit et réessayez une seule fois. S’il tient, rebranchez les appareils un par un pour trouver le fautif. S’il retombe à vide, le défaut est dans l’installation, souvent une boîte ou une prise mouillée.
Si c’est un différentiel, il a détecté une fuite de courant sur sa rangée : laissez le circuit fautif coupé et appelez un électricien. Les causes possibles sont détaillées dans notre guide sur les 5 causes d’un disjoncteur qui saute. Ne réarmez jamais plus de deux fois de suite le même disjoncteur : à Labattoir comme à Combani, l’insistance transforme un défaut d’isolement en échauffement.
Rebrancher les appareils dans le bon ordre
Les circuits sont rétablis, mais le réseau EDM peut rester instable plusieurs jours après un épisode majeur. Le rebranchement se fait donc progressivement.
Rebranchez d’abord le réfrigérateur et le congélateur. Attendez quelques heures de fonctionnement stable avant l’électronique, puis les appareils à moteur comme la climatisation et la machine à laver. Si le courant recoupe, débranchez de nouveau l’électronique.
Le chauffe-eau se remet en dernier, après vérification de l’absence de fuite. À Mayotte, il est souvent installé en buanderie extérieure ou sous un auvent, deux emplacements exposés. Au moindre doute, laissez son disjoncteur coupé : quelques jours d’eau froide ne présentent aucun risque.
Cette séquence suppose que le réseau soit revenu. Après un cyclone majeur, ce retour peut prendre des jours, voire des semaines.
Coupure prolongée après un cyclone : comment tenir sans abîmer votre installation ?
En cas de coupure prolongée après un cyclone à Mayotte, laissez votre installation coupée au tableau sauf la lampe témoin, débranchez l’électronique, limitez l’ouverture du réfrigérateur et vérifiez d’abord si la panne vient du réseau EDM ou de chez vous. Après Chido, EDM n’avait réalimenté qu’environ 70 % de ses clients trois semaines après le passage.
Panne chez vous ou réseau EDM : le test qui tranche
Avant de conclure que vous attendez EDM, vérifiez que la coupure ne vient pas de votre installation. Après un cyclone, les deux situations coexistent souvent dans un même quartier.
Le test tient en deux questions : vos voisins ont-ils du courant, et votre tableau est-il en position haute ? Si les voisins ont du courant et que votre tableau a déclenché, la panne est chez vous : reprenez l’étape 4. Si tout le quartier est dans le noir, c’est le réseau. EDM précise que les déplacements inutiles peuvent être facturés : vérifiez votre tableau avant d’appeler.
Si les voisins sont réalimentés et votre tableau en position haute, le problème se situe souvent au branchement ou au compteur, ce qui relève d’EDM. Dans les quartiers denses comme Kawéni, la rue peut être réalimentée alors qu’un branchement arraché attend encore. Notre article pour distinguer panne réseau EDM et panne intérieure détaille ces vérifications.
Réfrigérateur et congélateur : limiter les pertes
Le réfrigérateur est le premier souci dans un logement privé de courant, surtout dans la chaleur qui suit un cyclone. Chaque ouverture de porte fait entrer de l’air chaud.
Ouvrez réfrigérateur et congélateur le moins souvent possible, en sortant d’un coup ce dont vous avez besoin. Avant Belal, EDF Réunion conseillait de ne pas les surcharger en denrées périssables. Un congélateur plein garde le froid plus longtemps : comblez les vides avec des bouteilles d’eau congelées dès la pré-alerte.
Avec un groupe électrogène, le réfrigérateur est l’appareil prioritaire, raccordé directement par une rallonge. En cas de doute sur un aliment après plusieurs jours, jetez-le.

Notre article sur le fonctionnement de votre réfrigérateur sous climat mahorais donne des repères utiles.
Préparer le retour du courant pendant la coupure
Après un épisode majeur, le réseau est réalimenté par tronçons, avec des coupures et des remises successives. Le retour est rarement franc et définitif.
Gardez la configuration de l’étape 2 : électronique débranchée, climatisation et chauffe-eau coupés, lampe témoin en place. Quand la lampe s’allume, attendez que le courant tienne plusieurs heures avant de suivre l’étape 5. Dans un village comme Tsingoni, réalimenté par tronçons, c’est souvent sur ces retours intermittents que les appareils restés branchés grillent.
Si les coupures font partie de votre quotidien, une protection durable vaut l’investissement : parafoudre, protections de prises, onduleur pour l’informatique. Notre guide pour protéger vos appareils des coupures à répétition détaille ces protections et leur coût sur l’île.
Si votre installation fait partie des cas qui ne se réenclenchent pas seuls, ou si un doute persiste, c’est le moment de faire intervenir un professionnel.
Quand faire appel à un électricien après un cyclone à Mayotte
Après un cyclone, les électriciens de l’île sont aussi sollicités qu’EDM. Savoir quand leur intervention s’impose, et quoi leur demander, vous fait gagner du temps et payer le bon diagnostic.
Les signes qui imposent un professionnel
Certaines situations dépassent ce qu’un particulier peut faire seul, même avec méthode. Elles imposent une intervention qualifiée.
Faites intervenir un électricien dans l’un de ces cas :
- Un signe de l’étape 4 : eau dans le tableau, immersion, brûlure, câbles arrachés ;
- Un différentiel qui saute à chaque réenclenchement ou ne réagit pas au bouton test ;
- Des picotements en touchant un appareil, un robinet ou une huisserie métallique ;
- Des lumières qui faiblissent alors que le réseau est stable chez les voisins ;
- Un onduleur solaire en défaut ou des fixations de panneaux qui ont bougé.
Demandez explicitement une mesure d’isolement des circuits exposés et un contrôle du serrage au tableau. Un électricien qui propose de « remettre en route pour voir » un tableau mouillé ne vous rend pas service. Les semaines qui suivent un cyclone allongent les délais à Mayotte : décrivez précisément les symptômes au téléphone.
Électricien, EDM, assureur : qui intervient sur quoi ?
Trois interlocuteurs se partagent votre dossier après un cyclone. Les confondre fait perdre des jours, alors que la frontière entre eux est nette.
| Élément | Interlocuteur | Ce qu’il fait |
| Câble au sol, poteau, réseau du quartier | EDM | Sécurise et répare le réseau public |
| Coffret de branchement, compteur, disjoncteur de branchement | EDM | Remplace ou remet en état le branchement |
| Tableau, circuits, prises, appareils fixes du logement | Électricien | Diagnostique, met en sécurité, répare |
| Prise en charge financière des dommages | Assureur | Indemnise selon votre contrat |
Photographiez chaque dégât avant réparation, conservez les appareils endommagés et demandez à l’électricien un compte rendu écrit. Quand il faut refaire tout ou partie de l’installation, voyez notre guide sur la reconstruction électrique après un sinistre majeur, qui couvre la déclaration de sinistre et la visite Consuel.

Pour choisir le professionnel, appuyez-vous sur notre méthode pour vérifier un électricien avant de signer, utile quand les sollicitations explosent à Mayotte.
Même avec la bonne méthode, certaines erreurs reviennent à chaque saison. Les connaître est la meilleure façon de les éviter.
4 erreurs électriques fréquentes après un cyclone à Mayotte
Ces quatre erreurs reviennent après chaque épisode, quel que soit le quartier. Elles naissent de la fatigue et de l’envie de retrouver vite une vie normale, rarement de l’imprudence.
Réenclencher le disjoncteur général d’un seul geste
Après des jours sans courant, voir la maison se rallumer d’un coup est tentant. C’est aussi le moyen de ne rien comprendre si quelque chose cloche.
Tout remettre en même temps fait démarrer ensemble réfrigérateur, climatisation, chauffe-eau et appareils restés branchés. Si un circuit a un défaut d’isolement, le différentiel saute sans que vous sachiez lequel est en cause. Si le réseau est instable, tous les appareils encaissent la même variation.
La séquence de l’étape 5 prend cinq minutes de plus. À Dembéni comme ailleurs, elles font la différence entre un circuit isolé et une maison entière dans le noir.
Raccorder un groupe électrogène par une prise
Le câble à deux fiches mâles circule dans tous les quartiers après un cyclone. Il permet de « brancher le groupe sur la maison » sans électricien. C’est l’erreur la plus dangereuse de cette liste.
Ce montage met sous tension les broches nues de la fiche libre et fait passer la puissance du groupe par un circuit de prise non dimensionné. Si le disjoncteur général est resté enclenché, il renvoie du courant vers le réseau EDM, où des techniciens travaillent sur des lignes qu’ils croient coupées.
La seule solution conforme est l’inverseur de source posé par un électricien. Sans inverseur, branchez les appareils prioritaires directement sur le groupe. Dans les semaines qui suivent un cyclone à Mayotte, le réseau est réalimenté tronçon par tronçon : une réinjection met directement les équipes en danger.
Remettre sous tension un tableau « qui a séché »
Après deux ou trois jours de soleil, le tableau semble sec et les disjoncteurs se manœuvrent normalement. Cette impression trompe.
L’eau laisse des dépôts dans le tableau, surtout près de la côte où elle est chargée de sel. Ces dépôts restent conducteurs et favorisent la corrosion des bornes. Un disjoncteur ou un différentiel mouillé peut aussi avoir perdu sa capacité à déclencher, sans signe extérieur.
Un tableau qui a pris l’eau se contrôle par une mesure d’isolement et se nettoie ou se remplace en partie. Sur le littoral de Petite-Terre ou de Mamoudzou, la question n’est pas de savoir si le tableau a séché, mais ce que l’eau y a laissé.
Reporter la protection contre les surtensions à « après la saison »
Après chaque cyclone, des foyers découvrent des appareils grillés au retour du courant et se promettent de s’équiper. Le projet est souvent oublié une fois l’urgence passée.
Le parafoudre, installé au tableau, protège l’installation contre les surtensions d’origine atmosphérique. Il ne remplace pas le débranchement de l’électronique, mais limite les dégâts sur ce qui reste branché : réfrigérateur, chauffe-eau, équipements fixes.
Installez-le hors saison, quand les électriciens sont disponibles et le matériel en stock à Mamoudzou. Obligations, choix et coût sont détaillés dans notre article sur le parafoudre à Mayotte. Sans parafoudre ni différentiel 30 mA, commencez par la mise à niveau du tableau, avant la prochaine saison.
Questions fréquentes sur l’électricité et les cyclones à Mayotte
Avant la prochaine alerte : ce qu’il faut retenir
Une installation traverse un cyclone en bon état quand chaque phase d’alerte trouve son geste : préparer, sécuriser, ne plus toucher, puis inspecter et réenclencher circuit par circuit. Les dégâts surviennent surtout au retour du courant, sur des circuits mouillés ou des appareils restés branchés.
Avant le 15 novembre, étiquetez votre tableau, testez vos différentiels avec le bouton T et enregistrez le numéro de dépannage EDM. Sans différentiel 30 mA ni parafoudre, faites intervenir un électricien dès maintenant.
Suivez les phases d’alerte en temps réel sur la vigilance de Météo-France pour Mayotte et le dispositif ORSEC Cyclones de la préfecture. Mayterio met ce guide à jour après chaque saison.



