Box internet allumée toute la nuit, téléviseur qui reste sur off sans être débranché, chargeur oublié dans la prise murale : la consommation en veille traverse tous les logements mahorais sans jamais apparaître clairement sur le compteur. Certains sites annoncent un gouffre financier, d’autres balaient le sujet d’un revers de main, aucun des deux ne vous aide à trancher.
La consommation en veille désigne l’électricité tirée par un appareil branché mais inactif, en dehors de tout mode de fonctionnement principal. Elle varie de moins de 0,5 watt pour un téléviseur récent à plusieurs watts pour une box internet qui maintient sa connexion réseau en permanence.
Ce guide chiffre précisément ce que ça représente sur une facture EDM, appareil par appareil, avec la méthode de calcul et les vrais leviers pour réduire ce poste, sans sacrifier le fonctionnement des appareils qui en ont réellement besoin.
La consommation en veille en bref : la définition simple
Avant de chiffrer quoi que ce soit, il faut distinguer deux réalités qu’on confond systématiquement : un appareil vraiment éteint et un appareil en veille. La nuance change tout sur la facture.
Qu’est-ce que la consommation en veille, techniquement
Techniquement, la consommation en veille correspond à l’énergie tirée par un appareil resté branché au secteur alors qu’il n’exécute aucune fonction principale. Le circuit électronique interne reste alimenté pour maintenir une horloge, écouter un signal de télécommande, ou garder une connexion réseau active. Cette consommation se mesure en watts (W) et se transforme en kilowattheures (kWh) sur la durée pour apparaître sur la facture. À Mayotte, où les coupures de courant restent fréquentes selon EDM, beaucoup d’appareils passent en réalité plus de temps à se réinitialiser après une coupure qu’en veille stable, un phénomène qui complique l’estimation, sans changer l’ordre de grandeur global.
Veille active et veille passive : la nuance qui change tout
Toutes les veilles ne se valent pas. La veille passive concerne un appareil totalement inactif qui attend un signal, un téléviseur qui guette sa télécommande, par exemple. Sa consommation est aujourd’hui très faible sur le matériel récent, généralement sous le watt. La veille active, elle, concerne un appareil qui maintient une fonction en continu : une box internet reste connectée au réseau EDM jour et nuit, ce qui pousse sa consommation bien au-dessus de celle d’un téléviseur. Sur un logement mahorais standard, box et décodeur représentent souvent la plus grosse part de ce poste, simplement parce qu’ils ne s’arrêtent jamais.
Combien consomment vos appareils en veille : le chiffrage réel
Les moyennes qui circulent cachent d’énormes écarts selon les appareils. Plutôt que d’inventer une précision qui n’existe pas, voici les seuls ordres de grandeur réellement documentés, et où s’arrête la donnée fiable.
| Appareil | Puissance en veille | Fiabilité de la donnée |
| Box internet | Environ 7 W en continu (≈ 61 kWh/an) | Mesures ADEME, stable d’un modèle à l’autre |
| Petit et gros électroménager (four, plaque, lave-linge…) | Entre 0,5 et 3 W | Étude ADEME 2019, forte variation selon l’appareil |
| Téléviseur commercialisé depuis mai 2025 | Plafonné à 0,5 W (0,8 W avec affichage) | Plafond réglementaire européen |
| Téléviseur, décodeur ou console plus anciens | Nettement supérieur, sans valeur générique fiable | À mesurer au wattmètre (10 à 20 € en magasin) |
Box internet, décodeur TV et matériel réseau
La box internet est l’appareil le mieux documenté du lot : environ 7 W en continu, jour et nuit, parce qu’elle maintient une connexion active au réseau EDM même sans usage. Le décodeur TV fonctionne sur le même principe de veille active, mais aucune donnée ADEME publique ne permet de donner un chiffre générique fiable par modèle, la variation est trop forte entre un ancien décodeur satellite et un boîtier récent. Sur un logement mahorais équipé des deux, mieux vaut brancher un wattmètre entre la prise et l’appareil quelques jours plutôt que de se fier à une moyenne nationale qui ne correspond à rien de précis.
Téléviseur, console de jeu, chargeurs et petit électroménager
Un téléviseur récent respecte désormais un plafond réglementaire serré (voir plus bas), ce qui rend sa veille quasiment négligeable. Un modèle plus ancien, encore courant dans le parc locatif mahorais, peut dépasser largement ce seuil sans qu’aucune étiquette ne le signale. La console de jeu suit une logique similaire à la box dès que le mode veille réseau reste activé pour les mises à jour automatiques, un réglage qu’il vaut mieux désactiver si vous ne jouez pas en ligne la nuit. Les chargeurs de téléphone ou d’ordinateur portable, eux, consomment aujourd’hui une fraction de watt une fois débranchés de l’appareil : un mythe tenace leur attribue un poids qu’ils n’ont plus depuis longtemps.
Climatiseur et gros électroménager en mode veille
L’électronique de commande d’un climatiseur split reste alimentée en permanence pour recevoir le signal de la télécommande, dans la même fourchette que le petit électroménager général (0,5 à 3 W). Sur un logement mahorais fortement climatisé, cette veille reste anecdotique comparée à la consommation active de l’appareil en fonctionnement.

Le top 10 des appareils les plus énergivores à Mayotte détaille ce que pèse réellement la climatisation en usage actif, un ordre de grandeur sans commune mesure avec sa seule veille.
Comment calculer le coût annuel de la veille sur votre facture EDM ?
Une fois la puissance connue, le calcul est mécanique. Voici la formule et un exemple chiffré appliqué au tarif EDM réel.
La formule de calcul, du watt à l’euro
La conversion se fait en deux temps : d’abord les watts en kilowattheures annuels, puis les kilowattheures en euros au tarif EDM applicable.
kWh/an = (Watts × heures branché par an) / 1 000 Coût annuel = kWh/an × prix du kWh (tarif EDM)
Pour un appareil branché en permanence, comptez 8 760 heures par an (24 h × 365 jours). C’est la seule donnée qui varie peu, le prix du kWh, lui, dépend de votre option tarifaire et de la puissance souscrite.
Exemple chiffré pour un foyer mahorais type
Prenons le seul appareil dont la puissance en veille est solidement documentée : la box internet. À 7 W en continu, elle consomme 7 × 8 760 / 1 000 = 61,3 kWh sur l’année. Au tarif EDM Option Base (environ 0,134 €/kWh pour un abonnement 9 kVA et plus, grille de février 2026), cela représente 61,3 × 0,134 ≈ 8,2 € par an, pour cet appareil seul.
Étendez ce calcul à un décodeur, un vieux téléviseur, une console en veille réseau et quelques chargeurs oubliés, et la facture grimpe, sans qu’aucune mesure précise par appareil ne soit publiquement disponible pour tous les modèles. L’ADEME évalue la part totale de la veille entre 10 et 15 % de la facture annuelle d’un foyer, un ordre de grandeur national, à affiner localement au wattmètre pour un chiffre exact.
Le cadre réglementaire : ce que dit l’écoconception européenne
L’idée qu' »il n’existe aucune norme sur la veille » est fausse. Un règlement européen encadre précisément ce que les fabricants ont le droit de vendre.
Le plafond réglementaire imposé aux fabricants
Depuis le 9 mai 2025, tout équipement ménager ou de bureau vendu dans l’Union européenne doit respecter un plafond strict de consommation en veille et en mode arrêt. Le règlement (UE) 2023/826 de la Commission européenne, qui remplace l’ancien règlement (CE) n° 1275/2008, fixe ce plafond à 0,5 W pour un appareil sans affichage, et 0,8 W pour un appareil qui conserve un affichage d’informations ou d’état (horloge, voyant). Un plafond distinct et plus élevé s’applique aux équipements qui doivent rester joignables sur le réseau, box internet, routeurs, modems : 8 W jusqu’en mai 2027, puis 7 W ensuite. C’est ce plafond spécifique, pas le plafond général, qui explique pourquoi une box consomme structurellement plus qu’un simple téléviseur en veille. Mayotte, département français, est pleinement soumise à cette réglementation comme n’importe quel territoire de l’Union.
Ce que dit le règlement (UE) 2023/826 : Depuis le 9 mai 2025, tout équipement ménager ou de bureau mis sur le marché européen doit limiter sa consommation en mode veille à 0,5 W (0,8 W avec affichage d’informations). Les équipements qui maintiennent une connexion réseau active, box internet, routeurs, répondent à un plafond distinct : 8 W jusqu’en mai 2027, puis 7 W. Ce texte remplace le règlement (CE) n° 1275/2008 en vigueur depuis 2008. Il s’applique aux fabricants au moment de la mise sur le marché, pas aux appareils déjà en service.
Ce que ça change pour les appareils vendus aujourd’hui
Concrètement, un téléviseur, un four ou une box acheté neuf à Mayotte aujourd’hui, dans une grande surface de Kawéni ou de Mamoudzou, respecte déjà ces seuils, puisque les modèles vendus sur le territoire sont les mêmes références que celles commercialisées en métropole, soumises au même marquage CE. La difficulté vient du parc déjà installé : les logements équipés depuis plus de cinq ou dix ans, ou les appareils importés d’occasion hors circuit UE, peuvent largement dépasser ces plafonds sans que rien ne l’indique sur l’appareil lui-même.
Combien la veille pèse-t-elle vraiment sur une facture EDM à Mayotte ?
À Mayotte comme en métropole, la veille des appareils électroniques représente environ 10 à 15 % de la facture annuelle selon l’ADEME, nettement moins que la climatisation ou le chauffe-eau. Pour une box internet seule, comptez environ 8 € par an au tarif EDM Option Base ; le reste dépend du nombre d’appareils laissés branchés en continu chez vous.
Le poids réel de la veille face aux gros postes
Sur une facture EDM mahoraise, la climatisation et le chauffe-eau électrique dominent très largement la consommation d’un foyer équipé, bien au-delà de l’ensemble des veilles cumulées, aussi nombreuses soient-elles. Chasser la veille sans toucher au réglage du climatiseur ou à la température du chauffe-eau, c’est optimiser le mauvais poste en premier. La veille reste un levier réel, mais un levier d’appoint, pas le principal.
Pourquoi ce poste est souvent mal évalué à Mayotte
Les coupures de courant, fréquentes selon EDM, remettent régulièrement les appareils à zéro : chaque redémarrage consomme un léger pic, sans commune mesure avec un mois de veille stable, mais qui fausse les estimations basées sur une consommation continue théorique. Les logements équipés d’un groupe électrogène de secours ajoutent une autre variable : pendant une coupure prolongée, les appareils en veille continuent de tirer sur le groupe plutôt que sur le réseau EDM, un coût qui n’apparaît jamais sur la facture officielle, mais bien sur la consommation de carburant.
Réduire la consommation en veille : ce qui marche vraiment
Deux catégories de gestes existent : ceux qui rapportent vraiment, et ceux qui rassurent sans rien changer sur la facture. Voici comment les distinguer.
Les gestes efficaces au quotidien
La multiprise à interrupteur reste le geste le plus rentable : elle regroupe box, décodeur et téléviseur sur un seul point de coupure, activable d’un geste avant de sortir ou de se coucher. Comptez un investissement modeste pour un modèle correctement dimensionné aux normes NF, largement rentabilisé en une à deux années sur la seule box et le décodeur. À Mayotte, où l’humidité dégrade plus vite les contacts électriques, privilégier un modèle avec une façade protégée prolonge sa durée de vie.
Les fausses économies, celles qui ne changent presque rien
Débrancher systématiquement les chargeurs de téléphone ou d’ordinateur portable relève plus du réflexe rassurant que de l’économie réelle : un chargeur moderne non connecté à son appareil consomme aujourd’hui une fraction de watt, invisible sur une facture annuelle. Même chose pour les petits appareils de cuisine sans écran ni mémoire à maintenir (bouilloire, grille-pain) : leur veille est quasi nulle. Ne débranchez en revanche jamais le lave-linge ou le lave-vaisselle à la prise si vous vous absentez : leur électronique de veille surveille souvent les fuites d’eau, une fonction de sécurité qu’une coupure d’alimentation désactive.
Mythes et idées reçues sur la consommation en veille
Idée reçue n°1 : « Éteindre toutes mes veilles va diviser ma facture »
Ce qu’on entend souvent : couper systématiquement chaque appareil en veille ferait fondre la facture d’électricité.
La réalité : selon l’ADEME, la veille pèse 10 à 15 % de la facture annuelle, un poste réel, mais très loin devant la climatisation ou le chauffe-eau sur un logement mahorais équipé. Traiter la veille comme le principal levier d’économie, c’est se tromper de priorité.
Idée reçue n°2 : « Un appareil éteint à distance ne consomme plus rien »
Ce qu’on entend souvent : appuyer sur « off » avec la télécommande suffit à couper toute consommation.
La réalité : tant que l’appareil reste branché au secteur, son circuit électronique interne reste alimenté pour écouter le signal de la télécommande. Seule une coupure physique, multiprise à interrupteur ou débranchement, arrête réellement la consommation.
Idée reçue n°3 : « Débrancher mon chargeur de téléphone change beaucoup ma facture »
Ce qu’on entend souvent : laisser un chargeur branché sans téléphone dessus consommerait significativement.
La réalité : les chargeurs modernes consomment aujourd’hui une fraction de watt à vide, un effet marginal comparé à une box internet ou un décodeur laissés branchés en continu. Le geste ne coûte rien, mais son impact réel sur la facture est proche de zéro.
Idée reçue n°4 : « La veille n’existe plus depuis les nouvelles normes européennes »
Ce qu’on entend souvent : la réglementation aurait supprimé le problème.
La réalité : le règlement (UE) 2023/826 limite la veille des appareils mis sur le marché depuis mai 2025, pas celle du parc déjà installé. Les appareils achetés avant cette date, ou importés hors circuit européen, peuvent largement dépasser ces plafonds sans aucune obligation de mise à niveau.
Questions fréquentes sur la consommation en veille à Mayotte
Conclusion
La veille de vos appareils ne va pas transformer votre facture EDM, mais elle reste une dépense évitable sans effort ni risque : entre 10 et 15 % d’une facture annuelle selon l’ADEME, concentrée sur quelques appareils précis plutôt que répartie également sur tout le logement. Une box internet représente à elle seule environ 8 € par an au tarif Option Base ; le reste dépend de ce qui traîne branché chez vous depuis des années.
Concentrez l’effort sur une multiprise à interrupteur pour le coin salon, laissez tranquilles le lave-linge et le lave-vaisselle, et gardez la méthode de calcul en tête plutôt que les estimations approximatives qui circulent.

Pour aller plus loin sur votre facture globale, notre guide pour payer moins cher son électricité à Mayotte détaille les leviers qui pèsent vraiment.



